Après deux années difficiles, le marché français du bricolage entame 2026 sur une note plus rassurante. Mais derrière cette stabilisation se cache un changement profond dans les habitudes : les Français délaissent les gros chantiers au profit de petits travaux plus rapides et moins coûteux.
Un marché qui ralentit sa chute
Selon les données NielsenIQ publiées début août 2026, le secteur du bricolage a reculé de 3,2 % en 2025, à 24,2 milliards d’euros, tandis que le jardinage cède 1,1 % à 8,3 milliards d’euros. De son côté, l’Observatoire FMB/Inoha évalue à 21,8 milliards d’euros TTC le chiffre d’affaires des grandes surfaces de bricolage, en repli de seulement 1,4 % sur l’année, après une chute bien plus marquée de 4,3 % en 2024. L’AFP, qui a repris ces chiffres, situe le recul global du secteur autour de 2,7 %. Les trois sources convergent sur un même constat : la baisse ralentit nettement et laisse entrevoir une stabilisation plutôt qu’un rebond spectaculaire pour 2026.
Neuf Français sur dix bricolent, mais la confiance manque
Le paradoxe est frappant : 9 Français sur 10 déclarent bricoler, et plus d’un tiers le fait régulièrement. Pourtant, 7 personnes sur 10 restent freinées par la peur de « mal faire » ou par un sentiment de compétences insuffisantes. Ce manque de confiance explique en partie pourquoi les ménages se tournent vers des projets plus modestes : peinture, papier peint, montage de meubles, poses d’étagères ou petite rénovation de cuisine et de carrelage, plutôt qu’une rénovation lourde qui demande du temps, du budget et souvent l’intervention d’un professionnel.
Des contraintes budgétaires qui pèsent sur les arbitrages
Les contraintes financières jouent un rôle déterminant dans ces choix. Beaucoup de ménages préfèrent étaler et prioriser leurs projets plutôt que de se lancer dans un chantier global. Ce réflexe se retrouve d’ailleurs dans d’autres décisions liées au logement, comme le montre le débat autour de l’exclusion annoncée de l’isolation de toiture du dispositif MaPrimeRénov’, qui pourrait pousser encore davantage de foyers à reporter les travaux les plus coûteux. À l’inverse, certaines aides, comme la TVA réduite à 5,5 % désormais accessible pour certains travaux de rénovation énergétique, continuent d’inciter les propriétaires à investir sur le long terme lorsque l’aide publique allège suffisamment la facture.
Ce qui se vend vraiment en magasin
- L’outillage traditionnel recule fortement (-10,7 %), signe d’un désintérêt pour les gros équipements.
- Le confort thermique explose : ventilateurs (+75 %) et climatiseurs (+72 %) portés par les épisodes de chaleur.
- La sécurité progresse nettement, avec des ventes d’alarmes en hausse de 30 %.
- Le jardin reste dynamique : robots tondeuses (+8,4 %), souffleurs (+11 %) et terreaux (+8 %, dont deux tiers pour le jardinage naturel).
Cette bascule des priorités illustre un intérêt croissant pour le confort du quotidien plutôt que pour les grands travaux structurels, une tendance qui touche aussi bien l’intérieur que le jardin et la terrasse.
Le commerce en ligne accélère
La digitalisation du secteur se confirme également : la part du commerce en ligne dans le chiffre d’affaires du bricolage devrait atteindre 19 % fin 2026, contre 13,7 % en 2022. Tutoriels vidéo, applications de planification et outils de visualisation avant achat aident les bricoleurs les moins expérimentés à se lancer malgré leurs doutes, notamment pour éviter les erreurs sur des chantiers plus techniques comme la toiture.
Questions fréquentes
Pourquoi le marché du bricolage recule-t-il encore en 2025 ?
Le secteur subit les effets cumulés de l’inflation sur les matériaux et d’une prudence budgétaire des ménages, qui reportent les projets les plus coûteux. Le rythme de la baisse ralentit toutefois nettement par rapport à 2024.
Pourquoi les Français préfèrent-ils les petits travaux ?
Le coût plus faible, le temps de réalisation réduit et surtout le sentiment de mieux maîtriser un projet limité expliquent ce choix, alors que 7 Français sur 10 doutent encore de leurs compétences pour un chantier ambitieux.
Le marché du bricolage va-t-il repartir à la hausse en 2026 ?
Les professionnels évoquent une stabilisation progressive plutôt qu’un vrai rebond, portée par la baisse du recul plus que par une reprise franche de la demande.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
