Additifs alimentaires et aliments ultra-transformés : ce que révèlent trois études de l’Inserm

Le Nutri-Score guide depuis des années le choix des consommateurs dans les rayons. Mais trois nouvelles études de l’Inserm, publiées en mai 2026 dans des revues scientifiques de premier plan, remettent en lumière une limite connue des nutritionnistes : un bon score nutritionnel ne dit rien du degré de transformation industrielle d’un produit, ni des additifs qu’il contient.

Ce que montrent les études de l’Inserm

Menées par les chercheuses Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler, sous la direction de Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, ces travaux s’appuient sur le suivi d’une cohorte française de plus de 100 000 personnes depuis 2009, la cohorte NutriNet-Santé. Ils ont examiné l’exposition à certains additifs alimentaires très répandus dans les produits ultra-transformés.

Les résultats, publiés dans Diabetes Care, l’European Journal of Epidemiology et l’European Heart Journal, sont sans appel. Chez les plus gros consommateurs de colorants alimentaires (famille E100-E199), le risque de diabète de type 2 augmente de 38 %, celui de cancer de 14 %, et celui de cancer du sein de 21 %, jusqu’à 32 % après la ménopause. Du côté des conservateurs (E202, E330), les plus exposés présentent un risque d’hypertension supérieur de 24 % et un risque cardiovasculaire supérieur de 16 %.

Pourquoi le Nutri-Score ne suffit plus à lui seul

Le Nutri-Score évalue la qualité nutritionnelle d’un produit : sa teneur en graisses, en sucre et en sel. Il ne dit en revanche rien de son degré de transformation industrielle, mesuré par un autre outil, la classification NOVA, construite selon des critères de l’Organisation mondiale de la santé. Or un produit peut afficher un excellent Nutri-Score tout en étant fortement ultra-transformé : selon les données de la cohorte NutriNet-Santé, une partie des produits classés A ou B sur le Nutri-Score entrent malgré tout dans la catégorie des aliments ultra-transformés.

C’est tout l’enjeu d’un sujet déjà traité sous l’angle de l’impact des aliments ultra-transformés sur la santé mentale : les deux outils sont complémentaires, pas interchangeables. Les nutritionnistes recommandent désormais de croiser les deux lectures plutôt que de se fier au seul logo coloré de l'emballage.

  • Colorants E100-E199 : +38 % de risque de diabète de type 2 chez les plus exposés
  • Conservateurs E202/E330 : +24 % de risque d’hypertension, +16 % de risque cardiovasculaire
  • Nutri-Score et NOVA mesurent deux choses différentes : qualité nutritionnelle contre degré de transformation

Des conséquences jusque dans les débats parlementaires

Ces résultats alimentent aussi les discussions autour d’une proposition de loi visant à rendre l’affichage du Nutri-Score obligatoire en France, assortie d’une taxe de 2 % du chiffre d’affaires pour les entreprises qui refuseraient de l’apposer sur leurs emballages. Le sujet s’inscrit dans un mouvement plus large de refonte des repères nutritionnels, après la publication cette année du nouveau programme national nutrition santé (PNNS 5), qui introduit pour la première fois le sommeil parmi les déterminants de la santé nutritionnelle.

En pratique, privilégier des produits bruts ou peu transformés reste le conseil le plus constant des autorités sanitaires, dans un contexte où même certains produits jugés qualitatifs, comme le montrait récemment un test sur la qualité des huiles d’olive vendues en France, peuvent réserver de mauvaises surprises.

Questions fréquentes

Le Nutri-Score va-t-il être remplacé ?

Non, il reste un outil de référence sur la qualité nutritionnelle. Les autorités recommandent de le compléter avec la classification NOVA, qui mesure le degré de transformation, plutôt que de le remplacer.

Tous les produits ultra-transformés ont-ils un mauvais Nutri-Score ?

Non, c’est justement le constat des études de l’Inserm : une partie des produits notés A ou B au Nutri-Score sont malgré tout ultra-transformés, car ce score ne prend pas en compte les procédés de fabrication ni les additifs.

Quels additifs faut-il surveiller en priorité ?

Les études pointent en particulier les colorants alimentaires (E100-E199), associés à un risque accru de diabète et de certains cancers, ainsi que les conservateurs E202 et E330, liés à l’hypertension et aux maladies cardiovasculaires.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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