Apprentissage : pourquoi les contrats reculent dans le supérieur et progressent au niveau bac

À cette rentrée, l’apprentissage français se transforme en profondeur. Alors que le nombre total de contrats reste proche du million, la tendance se retourne nettement selon le niveau de diplôme : le supérieur recule, le niveau bac et CAP progresse. En cause, une réforme du barème des aides à l'embauche entrée en vigueur en 2026.

Un marché qui se polarise entre bac et bac+5

Selon les derniers chiffres disponibles, les entrées en apprentissage de niveau supérieur (BTS, licence, master, écoles d’ingénieurs) chutent de 16,4 % à fin mai 2026 par rapport à la même période de 2025, avec seulement 31 100 contrats signés. À l’inverse, les entrées en apprentissage de niveau CAP ou bac professionnel progressent de 7,7 %, avec 48 800 contrats sur la même période. Un contraste net, qui vient bousculer plusieurs années de croissance continue de l’apprentissage à tous les niveaux, notamment depuis que la France a dépassé le seuil symbolique du million de contrats en cours (1 017 493 au 31 décembre 2025).

Ce qui a changé : un barème d’aides désormais différencié

La raison de ce basculement est budgétaire. Le ministère du Travail a revu à la baisse les aides à l'embauche d’apprentis, mais de façon très inégale selon le diplôme préparé :

  • Pour un apprenti visant une licence ou un master, l’aide passe de 5 000 € à 2 000 € dans les entreprises de moins de 250 salariés, et de 2 000 € à 750 € au-delà.
  • Pour un BTS ou un DUT, l’aide recule plus modestement, de 500 €, passant de 5 000 € à 4 500 € dans les petites entreprises.
  • Pour un CAP ou un bac professionnel, rien ne change : l’aide reste à 5 000 € dans les entreprises de moins de 250 salariés et à 2 000 € au-delà.

Ces nouveaux montants, versés en une seule fois lors de la première année du contrat, s’appliquent aux contrats signés depuis la publication du décret. Résultat : les employeurs, en particulier les grands groupes qui recrutaient massivement en apprentissage supérieur, ont nettement ralenti leurs embauches sur ces niveaux de diplôme, tandis que le coût quasi inchangé d’un apprenti de niveau bac maintient l’attractivité de ces profils.

Des conséquences concrètes pour les familles et les entreprises

Pour un lycéen qui prépare sa rentrée, comme celui concerné par les nouvelles règles sur le téléphone portable à l’école, le choix de la voie professionnelle en apprentissage reste donc financièrement sécurisé pour les employeurs. À l’inverse, un étudiant visant un master en alternance devra convaincre une entreprise nettement moins incitée financièrement à le recruter qu’il y a un an, ce qui peut allonger la recherche de contrat et retarder une rentrée déjà marquée par d’autres arbitrages budgétaires pour les familles, à l’image de ceux qui pèsent sur l’allocation de rentrée scolaire.

Pour les entreprises, l’équation change aussi : recruter un apprenti de niveau bac+3 à bac+5 coûte désormais nettement plus cher en frais indirects (temps de formation, tutorat) rapporté à l’aide perçue, ce qui pousse certaines à revoir leurs plans de recrutement en alternance, comme le rappelle notre article sur l’alternance comme choix de formation.

Retrouvez d’autres actualités sur la rentrée et l’orientation dans notre catégorie École, Formation & Emploi, ainsi que dans la rubrique Vie Pratique & Société.

Questions fréquentes

Pourquoi l’apprentissage dans le supérieur recule-t-il en 2026 ?

Principalement parce que les aides à l'embauche pour les niveaux licence et master ont été fortement réduites, passant de 5 000 € à 2 000 € dans les petites entreprises et de 2 000 € à 750 € dans les plus grandes.

Les aides pour l’apprentissage de niveau bac ont-elles changé ?

Non, les aides pour les contrats préparant un CAP ou un bac professionnel restent inchangées par rapport à 2025 : 5 000 € dans les entreprises de moins de 250 salariés, 2 000 € au-delà.

La France a-t-elle quand même atteint son objectif du million d’apprentis ?

Oui, avec 1 017 493 contrats d’apprentissage en cours au 31 décembre 2025, mais le nombre de nouveaux contrats signés en 2025 a reculé de 5 % sur un an, une tendance qui se confirme et se polarise en 2026.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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