Depuis le 1er août 2026, acheter un bijou, une montre ou une pièce d’orfèvrerie de plus de 10 000 euros n’est plus tout à fait un geste anodin. Bijoutiers et horlogers sont désormais soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), au même titre que les banques ou les agents immobiliers. Une bascule réglementaire discrète, mais qui va changer la manière dont ces commerces traitent leurs clients les plus généreux.
Ce qui change concrètement
Le principe est simple : dès qu’une transaction sur un bijou, une montre ou un objet d’orfèvrerie dépasse 10 000 euros, et quel que soit le mode de paiement utilisé (espèces, carte, virement), le commerçant doit désormais :
- Vérifier l’identité de l’acheteur, sur présentation d’une pièce officielle
- Appliquer une procédure interne de classification des risques clients, documentée et régulièrement actualisée
- Signaler sans délai toute opération suspecte à Tracfin, la cellule française de renseignement financier
- Conserver les justificatifs pendant cinq ans et former l’ensemble du personnel, de façon traçable
En cas de manquement grave, les enseignes s’exposent à des sanctions pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d’affaires annuel. Le décret du 24 avril 2026 est venu préciser les modalités de cette formation obligatoire des équipes de vente.
Pourquoi maintenant
Cette extension n’arrive pas par hasard. Elle s’inscrit dans un contexte où le cours de l’or reste durablement élevé, poussant davantage de particuliers à revendre ou à investir dans des objets précieux, faciles à transporter et à revendre presque partout dans le monde. C’est précisément cette liquidité qui en fait, selon les autorités, un vecteur classique de blanchiment lorsqu’aucune traçabilité n’est exigée.
Le régime LCB-FT s’appliquait déjà aux négociants en biens précieux et à certains professionnels du luxe ; il est désormais étendu spécifiquement aux bijoutiers-horlogers. Un dossier récent, visant le réseau Goldunion, illustre la fermeté avec laquelle les manquements sont désormais poursuivis : interdiction d’exercer de neuf mois avec sursis, amendes de 100 000 et 40 000 euros, et publication de la décision.
Ce que cela change pour les acheteurs
Concrètement, un client qui achète une montre de collection, une parure de mariage ou un bijou ancien au-delà du seuil des 10 000 euros devra s’attendre à présenter une pièce d’identité et, parfois, à répondre à quelques questions sur l’origine des fonds. Rien d’infamant : c’est la même logique que pour un achat immobilier ou une opération bancaire importante. Les professionnels du secteur, souvent des petites entreprises et artisans, doivent en parallèle revoir leurs procédures internes, ce qui implique du temps de formation et parfois un accompagnement juridique pour éviter tout risque de sanction.
Pour les acheteurs occasionnels, la vigilance porte surtout sur les paiements en espèces de montants élevés, historiquement plus exposés au risque de blanchiment. Un virement bancaire classique, déjà tracé par l’établissement financier, ne change pas fondamentalement de traitement, si ce n’est la vérification d’identité désormais systématique côté bijoutier.
Questions fréquentes
Le seuil de 10 000 euros s’applique-t-il par objet ou par client ?
Il s’applique à la transaction, y compris lorsqu’un achat est fractionné en plusieurs paiements manifestement liés visant à contourner le seuil.
Un particulier qui revend un bijou est-il concerné ?
Non, l’obligation pèse sur le professionnel (bijoutier, horloger, antiquaire) qui réalise la transaction, pas sur le vendeur particulier lui-même.
Que risque un bijoutier qui ne respecte pas ces obligations ?
Des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel, ainsi que des amendes et une interdiction temporaire d’exercer en cas de manquement grave et répété.
Sources
Exaro News — Bijoutiers et horlogers : ce que change la nouvelle obligation anti-blanchiment
Union Française de la Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie — Obligation déclarative auprès de Tracfin
Finéthique — LCB-FT bijoutier : guide des obligations HBJO
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
