Le gouvernement doit présenter son projet de budget le 1er octobre en Conseil des ministres, et les retraités figurent en première ligne des pistes d’économies étudiées. Entre désindexation partielle des pensions et réduction d’un avantage fiscal historique, plusieurs scénarios sont sur la table pour combler le déficit des comptes publics. Voici ce qui est concrètement envisagé, et ce qui changerait pour votre pension.
Un gel pour les pensions les plus élevées
Selon les arbitrages qui circulent à Bercy, le seuil retenu pour geler une partie des pensions se situerait autour de 2 034 euros par mois. Au-delà de ce montant, la pension de base ne suivrait plus l’inflation en 2027. Entre 1 260 et 2 034 euros, la hausse serait maintenue mais amputée par rapport à la progression des prix. Seules les pensions les plus modestes, sous 1 260 euros, continueraient à être revalorisées au même rythme que l’inflation. Cette mesure de désindexation s’inscrit dans la continuité d’un chantier déjà engagé l’an dernier avec la suspension partielle de la réforme des retraites, qui avait elle aussi rebattu les cartes pour plusieurs générations d’assurés.
L’abattement fiscal des retraités dans le viseur
Deuxième piste, alternative ou complémentaire selon les arbitrages finaux : la réduction du plafond de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les pensions sur l’impôt sur le revenu. Ce plafond, actuellement fixé à 4 439 euros, pourrait être abaissé à 3 000 euros. Concrètement, les retraités dont la pension dépasse ce niveau verraient une part plus importante de leurs revenus soumise à l’impôt. Le ministère du Budget a laissé entendre qu’il faudrait choisir entre cette mesure fiscale et la désindexation des pensions, plutôt que de cumuler les deux dispositifs.
Et la complémentaire Agirc-Arrco ?
Du côté des retraites complémentaires du privé, le point Agirc-Arrco est resté gelé depuis novembre 2025. Les partenaires sociaux qui gèrent le régime doivent se réunir à la mi-octobre pour décider d’une revalorisation applicable au 1er novembre : les projections évoquées vont d’une hausse symbolique à environ 2 %, loin d’un rattrapage complet de l’inflation cumulée sur la période. Cette question de pouvoir d’achat s’ajoute à d’autres postes de dépenses qui pèsent sur le budget des seniors, à l’image des cotisations de complémentaire santé, elles aussi orientées à la hausse.
Ce que cela change concrètement
- Les pensions sous 1 260 €/mois resteraient intégralement indexées sur l’inflation.
- Entre 1 260 € et 2 034 €, la hausse serait réduite mais pas nulle.
- Au-delà de 2 034 €, la pension de base pourrait être gelée en 2027.
- L’abattement fiscal de 10 % pourrait voir son plafond réduit à 3 000 €.
- La complémentaire Agirc-Arrco se décide séparément, avec une annonce attendue mi-octobre.
Ces arbitrages ne sont pas encore définitifs : ils seront discutés dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale, avant un probable passage devant le Parlement. Une évolution similaire avait déjà été amorcée avec la désindexation partielle envisagée pour les retraités aisés, signe que la question du financement des pensions reste un sujet budgétaire récurrent.
Pour suivre l’ensemble des évolutions touchant le pouvoir d’achat, retrouvez nos analyses dans la rubrique Retraite & Séniors et dans la rubrique Banque, Finance & Crédit.
Questions fréquentes
Toutes les pensions vont-elles être gelées en 2027 ?
Non. Seules les pensions de base dépassant environ 2 034 euros par mois seraient concernées par un gel total. Les pensions plus modestes continueraient d’être revalorisées, avec un rythme plus ou moins proche de l’inflation selon leur niveau.
Quand la décision sur l’abattement fiscal sera-t-elle prise ?
Le calendrier prévoit une présentation des textes budgétaires le 1er octobre en Conseil des ministres, puis un examen parlementaire dans les semaines suivantes. Rien n’est donc arrêté à ce stade.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco suit-elle les mêmes règles ?
Non, elle est décidée séparément par les partenaires sociaux qui gèrent le régime. Une réunion est prévue à la mi-octobre pour fixer une éventuelle revalorisation applicable au 1er novembre.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
