Entre l'Homme et l'Animal, c'est une vieille histoire d'amour. Réel ou imaginaire, l'animal est souvent présent dans le chapeau. Qu'il soit chapeau de mode pour sublimer la personne, chapeau de fonction ou militaire pour signifier un grade, symboliser le pouvoir, le rang social, ou encore chapeau de spectacle pour évoquer le monde des contes, des mythes, l'animal est une ressource inépuisable pour le créateur.
Le créateur n'a cessé de puiser dans les ressources animales. Ainsi, par exemple, l'utilisation de la fourrure ou de la fausse fourrure est très tendance depuis quelques saisons. Cette matière se retrouve dans la collection 2008-2009 du prêt-à-porter de Jean-Paul Gaultier avec notamment deux créations en renard : "Chapka" et "Animal". Jacques Le Corre utilise également de la fourrure dans sa dernière collection automne-hiver 2009-2010. Si l'animalité est très présente, la sensualité n'est pas absente. Elle se révèle à travers les matières, citons par exemple un chapeau en feutre impression imitation léopard, les garnitures avec un ornement de tête composé de cornes de gazelle élaboré par Philip Treacy (1997), ou encore cette création en maille de Marie Mercié agrémentée de petites oreilles symbolisant un chat ou un chien.
Dans les sociétés africaines les plus traditionnelles, l'individu porte, selon son âge, son appartenance clanique…, un couvre-chef particulier. Chaque communauté humaine utilise la matière première qui se trouve dans son environnement. Ainsi, tout naturellement, les coiffures sont agrémentées de cornes, de plumes, certaines figurent une crinière de lion, … avec des symboles forts et identitaires. Au Kenya et en Ouganda, les jeunes hommes des ethnies Karamojong et Turkama portent l'Emedot après leur initiation. Quant à l'Enkuraru, parure de plumes d'autruche, elle est portée par les hommes massaï qui n'ont pas encore tué de lion. Après avoir accompli cet acte de bravoure, ils se coiffent d'un Olawaru, parure de crinière de lion. Plusieurs pièces seront issues des collections Madeleine Rousseau du Musée de Saint-Just-Saint-Rambert.
La coiffure militaire ou de fonction d'apparat se retrouve dans tous les pays. La présence d'ornements d'origine animale marque la reconnaissance d'une grande tenue. La plume figure sur un grand nombre de ces couvre-chefs car elle était associée, aux siècles précédents, au luxe et au pouvoir. Elle symbolisait la souveraineté, la puissance, la virilité.
L'animal est très souvent présent dans les légendes, le folklore, les contes, les croyances populaires. Ces récits servent de support à des opéras, ballets, pièces de théâtre et l'animal entre dans l'univers du fantastique. Il devient une bête fabuleuse incarnée par un artiste costumé et où le couvre-chef symbolise ou reflète la tête de l'animal. Dans le célèbre opéra de « La flûte enchantée », nombre d'animaux sont sur scène comme le tigre, l'aigle, l'agneau, la panthère, la chauve-souris, la grenouille, le rhinocéros,… . Certains, réalisés pour la représentation à l'Opéra Garnier en 2000, seront présents dans l'exposition. Ces costumes sont issus du Centre National du Costume de Scène de Moulins.
Exposition du 29 mai au 3 octobre 2010
à l'Atelier-Musée du Chapeau